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BIZERTE

L’art pictural flottant est né ! cliquer sur ce lien

 

Une exposition d’une trentaine de tableaux pas du même bord, a eu lieu récemment sur un bateau de pêche qui mouillait au Vieux Port de Bizerte.

Au-delà de son volet séduisant, l’idée est bien originale : l’art pictural «flottant» est né quand un marin-pêcheur, Jameleddine Yattouji, mit, gratis, son embarcation à la disposition d’un collectif de peintres, le temps de réparer ses filets.

Et «Nejma» de Bizerte, le nom du bateau, de scintiller, donnant une animation particulière à un lieu gagné par la controverse et par des idées mercantilistes de tous bords malgré le pactole déboursé pour sa restauration.

«L’Art, c’est l’affaire de tous», nous a dit Sahbi Hamada, l’un des animateurs de cette idée, qu’il défend «bec et ongles», préoccupé surtout de tendre la main à un autre collectif français dénommé «Format Sud», lequel projette de mettre sur pied avec son homologue tunisien une exposition commune l’an prochain à Albi en France. A coup sûr, ce mélange de goûts, de couleurs, de saveurs, d’odeurs même sera «porteur» à l’avenir puisque la volonté y est.

Formé notamment de Mohamed Béjaoui, Mohamed Chérif, Sahbi Hamada, Driss Jemiï, Ali Séhili, Moncef Ben Jemaâ, Nesrine Zoraï, Noureddine Seghaïr et Mustapha Azizi, ce collectif assez hétéroclite verse dans le réalisme, l’abstrait, le figuratif, l’impressionnisme en usant de tout : aquarelle, peinture à l’huile, à l’eau, pastel, fusain, etc… Un fourre-tout «enchanteur» qui brise les barrières de l’endoctrinement bureaucratique et les méandres de la «chose rangée» ou «Sage».

Cette exposition unique en son genre, qui intervient après celle des «remparts de la Médina» organisée durant cet été renferme même des «trésors enfouis», à l’instar des tableaux de Mohamed Béjaoui, adepte d’un style particulier : les aquarelles en suc et jus de plantes dont la matière première est puisée dans des plantes assez exotiques tels le «zenzar», «El Moghra», «le smak», «le zafran» «le bkhour», «assel (miel) el khelj» etc. Une curiosité double, voire triple à mettre à l’actif de ce collectif novateur et innovant qui, grâce au concours gracieux de l’ami Yattouji, un vrai «pote» des artistes, trouve là un créneau à encourager vaille que vaille.

Exposition de peinture là, quelque embarcation ici en partance pour une sortie de pêche avec ce vieux marin qui découpait l’appât avec soin, deux mondes qui se côtoyaient, qui «voguaient» chacun dans son univers, c’est l’image qui nous en restait, en enjambant notre «galerie» flottante pour la terre ferme du quai. Une communion sans fard, comme pour nous rappeler, avec insistance, que : art, mer, vie, c’est du kif-kif.

T.H .

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